… Et ce jour-là, j’étais hôtesse sur un Salon.

En uniforme chocolat et corsage orange, perchée sur des talons meurtriers, je piétinais la moquette d’un stand encombré de VRP cravatés en souriant aux clients.

16h : pause pipi-clope.

Je descends aux toilettes. La grosse dame qui tricote devant sa soucoupe écoute la radio.

Je me lave les mains, ma cigarette en équilibre sur le rebord du lavabo, et j’entends : « nous venons d’apprendre la mort de Claude François ».

cloclo

J’ignore pourquoi cette scène m’a marquée, alors que je n’ai jamais aimé Claude François, ni acheté aucun de ses disques.

Et ce soir en allant à l’avant-première de Cloclo sur les Champs, j’espérais sans doute retrouver un peu de cette jeunesse si vite passée.

Cloclo et Clodettes

Si l’on fait abstraction du personnage de Paul Ledermann, terriblement surjoué par Benoit Magimel (que j’adore d’habitude, mais là, pas compris…) ce film doit être vu au moins pour la prouesse de Jérémie Rénier, véritablement habité par le rôle.

Et puis aussi pour découvrir la personnalité finalement attachante de cet enfant rejeté par un père désespéré d’avoir perdu honneur et fortune, saluer sa rage de devenir une star en pleine époque rock-yéyé sans perdre son look de garçonnet, se repaître des fringues de ses copines, qu’on mettait ou qu’on aurait aimé mettre à l’époque si notre mère l’avait permis, assister à la naissance de Comme d’habitude et à l’explosion de My way,  gigoter sur son fauteuil parce que quand même Les magnolias, Le lundi au soleil, Cette année-là et Alexandrie, ne me dites pas que ça vous laisse de marbre !

Sans doute pas un futur César, mais un très bon moment.