Mes lectures depuis quelque temps ne me procuraient plus le même plaisir.
Mauvais choix ? Pas la tête à ça ? Déception d'un roman trop "vendu" ?
Quelques belles surprises cependant, inattendues, comme le premier,
acquis chez Emmaüs à Bougival.

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Le corps de Liane, de Cypora Petitjean-Cerf

Aussi inclassable que le patronyme de son auteure,
un roman foutraque, plein de femmes et de filles extras et ordinaires.
(Les hommes sont en retrait, enfuis, morts,
beaux comme des Italiens les soirs d'été...)
On les aime toutes, d'Huguette, la grand-mère qui n'aime pas la frangipane
mais s'oblige à manger des galettes pour donner les fèves à Christine,
sa fille qui les collectionne, à Roselyne la copine
plus douée pour le crochet que pour les études,
de Lamia la nièce de l'épicier à Eva la bonne clone de Marilyn,
même Armelle la peste presque attachante.
Et Liane, bien sûr, qui refuse de grandir, qui se demande
ce qu'est une fille, qui préfèrerait que ses seins poussent à l'intérieur,
et avance doucement dans la vie, celle qu'elle s'est construite
parmi toutes ces femmes, mères par devoir ou par hasard.
Roman délicieux et, oserais-je, jubilatoire comme on dit maintenant
-je n'aime pas ce mot servi à toutes les sauces - 
sauf que cette fois au moins, c'est vrai.

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La vie bon train, de Etienne Faure 

J'avais acheté cet ouvrage avec pour dessein de ne le lire
que dans le train (celui qui va vers l'Ouest).
Promesse-presque-tenue.
Il va bien avec le bruit des valises à roulettes, les jingle dans les gares,
le magazine glissé dans le filet et
les regards tendus vers le panneau des départs.
Il se déguste comme le café-carton de la voiture-bar,
il donne envie de partir n'importe où, pouvu qu'on ait sous les yeux
le paysage fuyant derrière la vitre, les fermes perdues,
les châteaux innombrables (en tous cas sur la ligne Paris-Nantes !)
les chevaux dans les prés et les villages ronronnants
et semble-t-il figés dans le temps, comme des décors de vieux films, 
l'élégance des nuages...

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Grâce, de Delphine Bertholon

« Dès que je passai le seuil de la maison,
je sus que quelque chose n’allait pas. »

Nous sommes cueillis, dès la première phrase, par le mystère
qui ne quittera pas l'atmosphère de ce beau roman.
Nathan, jeune veuf père de jumeaux surdoués, vient passer
les fêtes de Noël chez sa mère, Grâce.
Car c'est bien elle l'héroïne de ce thriller
habilement construit sur deux époques.
Où se cache le père de Nathan ?
Et cette jolie Polonaise, jeune fille au pair autrefois au service
de Nathan et de sa soeur Lise , qu'est-elle devenue ?
Une ambiance lourde et chabrolienne, voire hitchcockienne
pèse sur la maison aux esprits.
Delphine Bertholon a un vrai talent de narratrice, un sens du suspense maitrisé,
qui donne envie de la retrouver dans son
dernier ouvrage paru l'an dernier : Le soleil à mes pieds

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Les heures souterraines, de Delphine de Vigan

Mathilde, Thibault. Deux destins, deux solitudes parallèles, 
broyées par la violence de la vie actuelle 
dans ces villes "de grande solitude".
Elle: un mot de trop, un jour, à son patron, 
et son existence va basculer dans l'horreur.
Lui : un quotidien de médecin au domicile de ses patients, 
l'enfer des embouteillages, la triste banalité des corps malades, 
la folie emprisonnée dans l'obscurité des appartements, 
la fin d'une histoire qui n'est même pas d'amour. 
Une date : le 20 mai, où tout s'arrête, ou recommence...
A lire un jour de pluie, près de votre lampe de chevet préférée, 
avec un thé brûlant en écoutant le 
Le cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré

{et après vous vous faites le premier De Funès venu pour évacuer tout ça}