Lorsque le ciel parfois, dans sa clémence et son infinie bonté, nous gratifie
d'embellies qu'on n'espérait plus, il devient nécessaire de reprendre
ses semelles de vent et de marcher vers où il vous porte.

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{la cour intérieure et le mur de cantine de chez Merci;
l'étonnant tissu mural du showroom de Maisons du Monde rue du Bac}

 On arrive boulevard Beaumarchais presque par hasard, et c'est toujours
amusant de faire un saut chez Merci qui, passé maître dans l'art de la
scénographie rocambolesque, s'est
 transformé en camp scout pour fêter
le printemps
, puis chez Bonton dans la foulée, car les mamans bobos
ont évidemment des moutards bobos. On y trouve plein de choses amusantes,
des rééditions de jouets, de la papeterie ravissante, un photomaton,
des déguisements, des vêtements très chers mais si jolis,
pour enfants qui n'existent pas ne bougent pas, sans doute.

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{les lustres baroques revisités par Merci, et son petit jardin}

Puis fuir le kidstore bruyant et poursuivre par les Filles du Calvaire 
pour s'octroyer un petit plaisir chez
Betjeman & Barton, maison séculaire 
bien connue des amateurs de thé,
en repartant avec un sachet de Spring Blend,

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mais résister tout à côté au Fiacre à l'envie de reprendre quelques pièces
de la collection Calico qu'on aimait tant à 20 ans, égarée
dans les limbes du divorce, et dont il ne me reste qu'un bol, précieux donc.

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{bol collection Calico, Burleigh Pottery}

Un autre jour, profitant encore d'une exceptionnelle journée sans pluie,
je me suis souvenue à quel point la rue des Martyrs, la mal nommée,
était gaie, fleurie, vivante et gourmande à souhaits.
Lorsque je vivais non loin, m'y balader le dimanche matin était un réel délice.
Depuis, les boutiques de tout et de rien ont côtoyé les commerces
de bouche, mais le plaisir de remonter cette rue qui, partie de la colossale
Notre Dame de Lorette, se faufile jusqu'au portes de Montmartre, reste intact.

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{la très merveilleuse pâtisserie de Sébastien Gaudard en haut à droite}

S'y est installé entre autres un primeur, baptisé "Au bout du champ",
touchante copie des épiceries de mes grand-parents...
Tout est présenté en cageots, les carottes sont copieusement terreuses,
les fruits pas calibrés, les racines abondent, pas de tomates naturellement,
nous sommes en avril ! Mais surtout, et pour la première fois,
de l'ail des ours, enfin ! Alors oui je sais, tout cela est
terriblement urbain, habilement marketé, mais je confesse être 
une proie docile, et j'en suis ressortie avec, dans mon pochon de kraft,
une botte de radis, de la mâche, des pommes pas bien rondes,
et mon précieux bouquet d'ail. 

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{petit café bienfaisant; découverte d'une fleur d'ail des ours dans le bouquet !}

Siroter encore un café dans un des nombreux bistrots qui jalonnent la rue
avant de repartir vers ma rive gauche,

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{assiette Casa;couverts Zara Home; étiquette de métal Botanic Editions}

 et de retour à la maison, tenter une première expérience avec un simple
plat de pâtes sur lequel j'ai versé un filet d'huile d'olive et ciselé
les belles feuilles d'ail. Pur bonheur.

Second essai avec un pesto, l'ail dans ce cas est utilisé comme
du basilic, tellement bon qu'on peut le dévorer directement
sur une tartine. Un avant-goût d'été ?