Ce billet n'a d'intérêt que celui de maintenir la tête de mon petit blog
hors de l'eau. Car que dire si ce ne sont des banalités ? Attente,
courage, espoir, angoisse, colère, peur, patience, ces mots, on les
a tellement utilisés, malaxés, retournés dans tous les sens qu'ils
finissent par en être dénués, usés jusqu'à la corde. 

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{des coussins, un gros pull, et quelques effluves de l'eau de toilette un peu sucrée 
de Pennalighon's, petit souvenir d'un déjà lointain séjour londonnien : 
quand pourrons-nous repartir ?}

D'autant qu'il suffit d'une simple onomatomée pour résumer la situation :
bof.
On est bien chez soi, pourtant, on range avec allégresse un intérieur
enfin dévêtu de ses atours festifs, on tente même quelques épurations
dans le placard à vêtements, dans ceux de la cuisine, on traque l'inutile
qui ne nous rend plus heureux, paradoxalement on tue le temps qui,
il y a peu, nous faisait tant défaut. 

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{Peder Severin Kroyer : summer evening on the Skagen Southern Beach}

J'aurais tant aimé, c'est vrai, vous parler de la prochaine exposition du Musée
Marmottan consacrée à L'Heure Bleue de l'artiste danois Peder Severin Kroyer,
ou celle, passée depuis l'automne, de William Turner à Jacquemart-André, 
ou encore celle programmée au merveilleux Petit Palais pour
Les plaisirs et les jours de Giovanni Boldoni, mais peut-être
que d'ici le mois d'avril...

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{Giovani Boldoni : portrait de la Princesse Bibesco, collection particulière}

Et revoilà l'antienne : attente, patience, espoir... La vie parisienne
dépouillée 
d'une partie de ses charmes ronronne amèrement sous sa chappe
d'interdits 
et de proscriptions. Chaussées mouillées, ciels incolores,
concert de klaxons 
autour de 18h, bars en faillite, oh le bel hiver !

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{dans le square Gaston Baty, Soutine grelotte sous son pardessus de bronze; 
utopie rupestre allée du Château Ouvrier; rue Saint Placide : 
il est bientôt 18h, ça court, ça court...}

Mais oserai-je encore me plaindre lorsqu'au journal télévisé, on voit,
sidérés, des villages entiers transformés en îles, les barques remplacer
les voitur
es, des gens en pleurs devant une caméra voyeuse, tentant
de répondre en bafouillant à des questions aussi stupides que
" monsieur, vous avez tout perdu, dans quel état d'esprit êtes-vous ? "

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{le chandelier en zinc se reposera jusqu'au prochain noël}

Peut-être, vous qui avez des jardins, vous qui êtes en campagne, 
voyez-vous dès aujourd'hui, subrepticement, les quelques signes 
avant-coureurs d'un printemps en bourgeon ? Le mimosa et les jonquilles 
semblent déjà ensoleiller vos petits matins, tandis que dans la grosse ville, 
seuls les fleuristes donnent aux tristes trottoirs un léger air de fête. 
Je me contenterai de brassées de fleurs séchées, jolis vestiges or et sepia
de cueillettes ici et là des années passées.

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{un bouquet d'anniversaire pour mettre du rose dans le gris; récupération des branchettes 
dont les bourgeons s'ouvriront dans des bouteilles recyclées en soliflores;
taie monogrammée Vent de Terre}

Les livres, heureusement, offrent encore de grands moments de bonheur.
Après "Chez soi", je découvre "Sorcières", une ode à la liberté des femmes,
à leur affranchissement, à leur pouvoir de dire non aux dogmes, au patriarcat
et à la figure imposée par la famille mononucléaire. Décidement, Mona Chollet
me plait beaucoup,
et sa lecture sublime mon petit café de l'après-midi.

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{quelques brins de houx pour des propos un peu piquants...}

Prochain billet : de l'optimisme ou rien !

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{Face aux ateliers d'artistes, la boutique Pas de deux, qui vend des fleurs
et du rêve rue Jean Ferrandi}