Copenhague II
Copenhague est comme toutes les capitales, elle recèle un nombre si important de musées que chacun mériterait un voyage à lui seul. Bien que notre hôtel fut situé face au Musée National, nous avons préféré traverser une partie de la ville pour rallier le SMK (Statens Museum for Kunst) qui est un peu l'équivalent de nos musées des Beaux-Arts.
{"A la porte de la véranda" de Laurits Andersen Ring; "Portrait du peintre Niels Kreuger" de Richard Bergh; "Montagnarde" par JF Willumsen; Vilhelm Hammershoi, reconnaissable entre mille; "Jeune fille tressant ses cheveux" de Anna Ancher}
Le bâtiment à lui seul vaut le détour. L'association du baroque Renaissance que constitue le corps d'origine, et de la verrière reflétant tous les gris du ciel danois, est remarquable et impressionnante. Plus de 9000 œuvres d'art, essentiellement des peintures et sculptures qui ont appartenu aux membres de la monarchie danoise sont rassemblées ici, mais faute de temps pour leur rendre hommage, je me suis focalisée sur le 2e étage, consacré à l'art scandinave de la fin du XIXe.
{"Le peintre dans le village" de Laurits Andersen Ring;"Enfants jouant", de Peter Hansen }
Déjà conquise par toutes les expositions temporaires sur ce thème vues à Paris, je ne cesse de m'émerveiller devant ces scènes de vies quotidiennes, généreuses et délicates. Je retrouve la lumière de Peter Kroyer, les clairs obscurs d'Hammershoï, je découvre Anna Ancher, Laurits Andersen Ring, et me réjouis que le Petit Palais ait, peut-être, quelques projets dans ce sens à la rentrée prochaine.
{La "maison du jardinier" à l'entrée du parc botanique, qui donne des idées aux jardinières et des rêves aux citadines}
Lorsque plusieurs chemins se présentent, toujours emprunter le plus distrayant. Pour regagner le centre piétonnier, traverser une partie du jardin botanique nous a semblé parfait. Ponctué d'impressionnantes serres se mirant dans les eaux du grand lac, il demande lui aussi à être pleinement apprécié à la belle saison. Un petit passage à l'inévitable boutique pour renouveler son stock de jolies cartes s'est avéré fort nécessaire.
{ La Rundetaarn : une architecture totalement opposée entre l'aspect austère de sa façade et la simplicité moderne de l'intérieur; tout près, le restaurant-librairie Paludan Bogcafé}
Nous voici maintenant au cœur du "Quartier latin" danois, les rues se font plus étroites, les échoppes minimalistes et la foule plus dense. Echappatoire programmée à l'heure du déjeuner (si tant est ici qu'il y en ait une) : La Rundetaarn, autrement dit la Tour Ronde, édifiée en 1637 sous le règne de Christian IV, afin que ses astronautes puissent étudier la ronde des étoiles. Son accès sous forme de rampe hélicoïdale avait été souhaitée par le souverain pour qu'il puisse y monter à cheval...
La pause déjeuner se fera au Paludan Bog café, une librairie-restaurant, à moins que ne soit le contraire... Se régaler au milieu des livres, quoi de plus merveilleux ?
{A l'intérieur du Rathus de Copenhague, on peut voir d'admirables mosaïques ainsi que de nombreuses représentations de la faune et de la flore : corbeaux, ours, algues, ou comme ici feuilles d'acanthe en pommeau d'escalier et serpent gouttière}
De notre chambre d'hôtel, nous pouvions entendre la cloche du beffroi de l'Hôtel de ville égrener les heures diurnes. Un tel voisinage ne pouvait rester sans suite. Donc arrêt sur la route d'autre chose dans cet établissement dont le seul qualificatif possible est pour moi celui de "Kolossal" ! Inauguré en 1905, dans un style néo-renaissance, il s'apparente par sa prestance massive aux hôtels de ville médiévaux de style gothique, typiques des villes hanséatiques d'Europe du Nord. Se perdre dans ses interminables couloirs nous a semblé un jeu hors du temps.
{Les Danois raffolent des couleurs vives ! Pas un homme dans cette confiserie style Barbie, curieux...}
{Dans une pâtisserie un peu kitsch, un surprenant dessert ! Tout comme les Néerlandais, les Danois laissent entrer chez eux les lumières du jour ou de la nuit, ... Et le regard des passants. J'ai volé un cliché de cette superbe cuisine, espérant ne pas avoir à rendre de comptes plus tard, mais peu de chance que les occupants lisent La Ligne 13 ! }
Fin du petit voyage en terre Viking. C'est toujours compliqué d'associer le plaisir de la contemplation et l'urgence de profiter au mieux de tout ce qui s'offre à vous lorsqu'on est en terre inconnue. Une escapade en pays scandinave représente un petit budget car le niveau de vie ici est très élevé. Consciente que malgré ma tentation dévorante d'y revenir ici dès le printemps, je devrai attendre un peu.
Restent ces petits riens qui font tout, les fous-rires (renversée par un vélo parce que je n'ai pas regardé où il faut, honte à part, j'étais insdemne! )les découvertes insolites, le jeu de décryptage de cette langue un peu brute (faire allemand seconde langue a un peu aidé), le verre de Prosecco offert par l'hôtel en fin de journée au milieu d'un joyeux brouhaha de touristes qui comme nous, revenaient un peu transis de leur escapade urbaine, l'émotion malgré tout devant la fragilité de cette petite sirène à la si triste destinée, perdue au bout du monde sur son rocher.
{Quelques souvenirs du voyage}