Copenhague I
Vu d'en haut, il en a une drôle de forme ce petit pays. Comme une sorte de moufle qui s'étirerait vers la Scandinavie, flanquée de plusieurs centaines de petites iles (443 répertoriées à ce jour, en excluant le Groenland et les Feroé !) émiettées dans les eaux glacées de la Mer du Nord et de la Baltique. Le Danemark, depuis le temps que je souhaitais m'y rendre, était en passe de devenir une sorte de fantasme. J'aurais juste aimé un rayon de soleil pour ma courte visite, mais tous ceux qui connaissent m'ont chuchoté qu'il fallait renouveler l'expérience au printemps, lorsque les jours sont doux et longs, les cerisiers en fleurs et les plages accueillantes.
{quelques "cartes postales" auxquelles je n'ai pas résisté : les quais multicolores de Nyhavn, les vélos, les rennes et l'héroïne d'Andersen...}
Souvenons-nous que je suis venue ici pour l'esprit de Noël, et que la froidure fait aussi partie du jeu ! Inutile de prendre un forfait métro, tout peut se faire à pied, et c'est même nettement mieux. En prenant le chemin d'une destination donnée (Petite sirène, Tivoli, Palais royal, etc.) on s'égare avec délices dans les rues pleines de vie. S'attarder dans un de ces merveilleux endroits où l'on boit chaud et où l'on mange pas très ...léger, mais il faut cela pour résister au vent glacé qui, ce premier jour, nous cueille au sortir de la tiédeur de l'hôtel.
{la salle haute du restaurant Faegekro sur Nyhavn le long des quais; jolis détails d'une boutique sur notre chemin; Kuhn Juk : lorsqu'on est lassé des smörebröd, tenter l'exotisme; la garde royale en route vers Amalienborg, résidence d'hiver de la famille royale}
Car oui, ici, tout est hygge, ce phénomène récupéré par les bobos (dont je suis, parfois...) philosophie hédoniste qui vous autorise à vous dorloter, une tasse de chocolat brûlant à la main, entourée de visages bienveillants dans un environnement apaisé.
{L'illustre manufacture fournit la famille royale depuis 1775 ! }
Pour le plaisir exclusif des yeux, la fabuleuse collection de porcelaines de la Manufacture Royale nous invite à déambuler dans les trois étages de sa maison mère, joyau du XVIIe, livrée pour les fêtes à l'imagination délirante des scénographes. Un simple coquetier du mythique service "Blue fluted half lace" valant 35€, j'ai résisté.
Difficile de faire l'impasse sur les Jardins de Tivoli. Il règne dans ce très vieux parc d'attraction une ambiance un peu surannée, quoique mâtinée d'effets spéciaux façon Eurodisney. Les enfants et les ados passeront ici d'excellents moments. Entre les manèges, de petites échoppes façon maison d'Hansel et Gretel, des points de restauration rapide proposant une popote à faire hurler les diététiciennes (churros, flameküche, beignets, hot-dogs, glühwein...) des cabanons à souvenirs lookés danois made in China...
{Les photos ne sont pas très bonnes; il faut voir ce parc au moment des fêtes avec ses yeux d'enfant. Réserver son regard d'adulte pour le printemps, lorsque la nature s'éveille et que les jours plus longs baignent de lumière ce parc superbe}
Au marché couvert de Torvehallerne, fort heureusement, on peut se laisser aller à son penchant pour la health food. Quel bel endroit ! Sous des halles en verrière, on sautille d'échoppe en échoppe, tout est beau, appétissant, les smörrebröd sont confectionnés devant vous, les salades semblent avoir été juste cueillies, et que dire du marché aux fleurs ! Les voyages en avion brident les pulsions d'achat et ce n'est pas plus mal, car sinon je repartais avec un sapin entier et un énorme bouquet d'ilex verticcilata.
{le marché aux fleurs de Torvehallerne}
On s'arrête là ? J'ai encore beaucoup de choses à vous montrer, mais trier les milliards de photos contenues dans mon petit rectangle rose me prend du temps. Donc, prochain billet dans, disons 3 jours, avec le Musée des Beaux-Arts, la boutique du Jardin Botanique, l'Hôtel de ville et la Rundetaarn.
{de chouettes petites brocantes, et quelques idées encore ici et là pour décorer le sapin}