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La Ligne 13

29 mars 2026

Et la lumière fut

Lorsque la lumière revient, d'abord timidement - c'est l'or aigu d'un rai qui, entre 
les lattes des volets, vous éveille de bonne humeur - puis, la journée s'avançant, par
l'éclat de sa blondeur sur toute chose, on peut affirmer que oui, ça y est, on y est,
le printemps, après quelques tâtonnements, est bien installé. On peut sortir du terrier
où l'on marmottait depuis trois mois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

{lire dans les pâquerettes; faire des gâteaux et musarder au jardin}

Lumière, ce fut aussi le nom attribué à ce siècle décisif qui vit basculer d'antiques
habitudes et d'obscures certitudes. Alors je tente le lien un peu approximatif pour
vous entraîner au Musée des Arts Décoratifs, à vivre la routine quotidienne d'un hôtel
particulier parisien dont l'action se situe en 1780.

 

 

 

{au Musée des Arts Décoratifs, on peut vivre, en une ou deux heures, la journée d'une prospère famille
parisienne du XVIIIe siècle}

Les rues de la capitale à l'époque se jouaient du cloisonnement imposés par les
arrondissements figés dans leurs particularités sociales. D'abord Paris était tout
petit et la vie extérieure bruyante, plutôt sale et grande  pourvoyeuse de maladies
en tous genres, donnait à ces splendides demeures le statut d'une oasis feutrée.
Les aristocrates d'alors, ne sentant pas encore le vent venir, pouvaient tout à
loisir occuper leurs journées en lectures, broderies, choix des tenues, pratique
d'un instrument de musique, jeux de société...

 

Talleyrand eut beau déclarer que "qui n'a pas vécu dans les années voisines de 1789
ne sait pas ce que c'est que le plaisir de vivre"
je crois personnellement affirmer
que ma vie au 21e siècle est nettement plus harmonieuse et confortable, sachant que
mes ancêtres étaient sans aucun doute du côté des serviteurs et non des servis.

 

Puisque j'évoque mes ascendants, parlons donc de ces origines bretonnes et rurales, 
que j'ai longtemps rejetées ("les Bretons sont alcooliques, retardés, butés, etc.") et
qui, passé l'âge ingrat qui allie parfois l'ignorance et l'intolérance, m'ont paru très
vite plus que respectables et émouvantes, indissociables en tous cas de mon ADN. J'ai
connu par mon métier quelques moments d'exception dans la rutilance de grands hôtels et
de dîners chics, mais les plus beaux instants que j'aie jamais passés sont ceux vécus
enfant, en vacances dans ce coin crotté du Morbihan des terres, lorsqu'après avoir
"mené" (comme on disait) les vaches, nourri les poules et coursé les sauterelles dans
les prés, je dégustais à pleines dents l'épaisse tartine couverte de beurre salé et de
copeaux de chocolat noir que me préparait ma grand-mère, avant de m'endormir le soir
dans un tout petit lit de fer, entre des draps de chanvre aussi rêches que de la toile
émeri, dans lesquels j'ai depuis taillé des nappes !


 

 

{balais de mémé, semis, confitures et chapeaux de paille, la face idéalisée de la vie à la campagne}

Ceci m'amène à la seconde rubrique du présent billet. Le Bon Marché, magasin exclusivement
parisien, a toujours eu le génie du marketing et, surfant sur la vague de l'éternel retour
aux racines et sur celles des colères paysannes, a intitulé sa dernière exposition :" Tous
à la ferme". On a ici toute la panoplie bobo de la paysannerie vue par la ville, mais tant
pis, on fonce tête baissée, dans le sillage d'un flot de japonaises émerveillées, dans ces
reconstitutions dignes de "Martine à la ferme". Quelques dégustations sur place nous font
nous souvenir qu'en 20 minutes de RER on peut aller chercher le lait, les fromages, les
œufs, le cidre, etc, directement chez leurs producteurs. 

 

 

{une fausse vache couleur caramel Dupont d'Isigny tient le stand des Fermes de Gally : il n'y a pas si
longtemps, j'emmenais sur place mes petites-filles voir les vraies !}

Le cycle des saisons tourne et nous tentons de le retenir. Le printemps illumine les
jardins, cette nature que l'on croit immobile fourmille et grouille tandis que nous
vieillissons et que nos enfants grandissent. On apprend le décès d'un ami, puis d'un
autre, qui ne sauront plus rien des petits matins roses ni des soirs bleutés, ne
sentiront plus le parfum entêtant du lilas, ne sauront plus le goût céleste d'une
tarte encore tiède. Alors profitons simplement de CE moment, celui qui vous voit
au réveil contempler le soleil se lever sur un jour que vous vivrez, non pas comme
si c'était le dernier, mais comme un cadeau aussi précieux qu'éphémère.

 

 

5 mars 2026

Le mois le plus court

Février, fidèle à sa mauvaise réputation, nous a cette année encore gratifié de son 
cortège de ciels bas, de froidure et de catastrophes climatiques. Un mauvais moment
à passer pour la plupart d'entre nous. Un désastre économique et traumatismes pour 
d'autres hélas. Il ose pourtant nous rappeler, du haut de ses 28 petits jours, ce
roquet, qu'il est aussi le mois des crêpes et des carnavals, du mimosa et des
beignets, des matins clairs et accessoirement celui de la fête des amours, neuves
ou anciennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

{du jardin, du sien ou d'un autre qu'importe, les fleurs, encore et toujours}

J'écoutais récemment un célèbre metteur en scène proclamer qu'il préférait le froid 
au chaud, qu'on ne parlait jamais assez du charme discret de la doudoune,
de la beauté de la lumière hivernale, de la préciosité des jours courts, mais
que février en revanche lui semblait bien superflu et qu'il fallait profiter de ce
mois ennuyeux pour aller au cinéma. J'ai suivi son conseil en allant... Au musée.

 

 

 

 

{l'exposition consacrée à Pekka Halonen se complète de quelques autres de ses contemporains, comme
ici avec ce "Pic noir", Akseli Gallen Kallela}

Le Petit Palais, dont j'ai souvent loué sur ce support la qualité et la justesse de
ses choix artistiques, se fait fort depuis quelques années de nous faire apprécier,
découvrir sinon redécouvrir, la peinture scandinave. Après Anders Zorn, Carl
Larsson, Bruno Lillefors, Albert Edelfelt, voici Pekka Halonen et ses frissonnants
paysages finlandais.

 

 

 

{lumhiutale : flocon de neige; kuurankukka : fleur de givre; riite: fine pellicule de glace se formant
au bord des étendues d'eau... On apprend au passage quelques rudiments de finnois} 
 

Elève de Paul Gauguin, il fera de fréquent séjours en France, mais trouvera essentiellement
son inspiration dans les majestueux paysages de son pays, dont il célèbrera l’âme à travers
des panoramas enneigés et des scènes rurales à la poésie pastorale.

 

{reconstitution d'un intérieur finlandais; portrait de Hilda Tamminen}

Quelques jours avant, au même endroit, les frimousses rebondies de Jean-Baptiste Greuze
ont attendri nos regards. Artiste un peu boudé de nos jours, il fut célébré à son
époque,  invitant à réfléchir à la place de l'enfant dans la famille et dans la société,
complétant ainsi par son art délicat  les idées avant-gardistes des philosophes
Rousseau, Diderot, et Condorcet.

 

 

 

{Anna et Louise, ses deux filles, furent souvent les muses de Greuze}

Si on frissonne en quittant le lieu, un peu étourdies par tant de grandeur, vite
s'engouffrer dans une de ces boutiques qui vous restituent, comme un décor de
théâtre, comme un livre ouvert sur un passé pas vraiment imaginaire mais forcément
sublimé, l'ambiance du siècle des lumières ou celui d'une officine hugollienne. 
La visite d'une amie chère pour quelques jours parisiens est l'occasion parfaite
pour admirer la nouvelle échoppe d'Antoinette Poisson, puis celle d'Astrid D Reynis
et de Marin Montagut.

 

 

 

{Antoinette Poisson : la plus célèbre courtisane de Louis XV, madame de Pompadour, a aimablement prêté son nom pour ce commerce de jolies choses hors de prix; chez Astrid D reynis, la délicatesse des porcelaines blanches, et chez Marin Montagut, le joyeux bric à brac d'un cabinet de curiosités, que l'on visite en écoutant du Maurice Chevallier !}

Puis, las de tant d'animosité à son égard, février s'est fait court et s'en est allé pour
passer la main à mars, celui qui rit malgré les averses et prépare en secret le printemps.
Un printemps qu'on aimerait en paix.

23 janvier 2026

Pour passer l'hiver

Que faut-il pour passer l'hiver ? Un dessin d'enfant. Le feu dans la cheminée,
le chat sur un fauteuil, soi-même sur un second fauteuil, le mug de thé brûlant
à portée, une part de gâteau grignotée, la main pleine du poids d'un livre
qu'on savoure page à page, la lumière vacillante de la bougie parfumée récemment
offerte et dehors, une neige de contes de fées, comme on en voit dans les délicieux
albums du Père Castor.

 

 

{les traditionnelles petites pommes d'ambre qui embaument: un banana bread, très consistant, avant et/ou après la balade;
un recueil joliment dessiné de Zoé de Las Cazes qu'on feuillette en passant}

Pour passer l'hiver

{chercher des inspirations culinaires dans sa bibliothèque gourmande pour la première invitation de l'année, avec l'aide précieuse d'un thé Marco Polo et quelques "mincemeats" aux épices}

Les fêtes ont été à la hauteur. Comme chaque année, les crooners de service ont envahi
l'espace de leurs suave tessiture pour louer Noël, l
es cadeaux exposés, étiquetés, ont
été distribués, l
es paniques en cuisine résorbées dans de bons fous rires, les grandes
réflexions conflictuelles sur le monde au petit matin oubliées au réveil devant le premier
bol de café. Et puis cette neige ! Pourquoi la pluie nous semble si désagréable et la
neige si douce ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

{parmi les paquets cadeaux faits maison, les emballages rutilants de cette boutique sont si beaux que leur contenu
semblerait presque superflu; vue du balcon de la rue Saint Placide sur le Bon Marché saupoudré; premiers pas de
Marou dans la neige}

Pas de résolutions en vue, bonnes ou mauvaises. L'actualité se charge de nous faire
vivre au jour le jour. Ou alors celle d'être plus patiente, vertu que l'on accorde
volontiers à la prise d'âge. Me concernant, je redoute plutôt une crise d'adolescence
dans ce domaine, logique puisque le temps qui m'est imparti se ratatine de plus en

plus rapidement, semble-t-il. N'y plus penser et partir en promenade dans un Paris
frissonnant, y croiser beaucoup de touristes, s'amuser de leurs regards éternellement
éblouis, et en prendre de la graine.

 

 

{Les statues de la place de la Concorde représentent les principales villes françaises : ici, Lille; en passant
sous les arcades de la rue de Rivoli, s'arrêter chez Smith & Sons, admirer le papier peint WM et se promettre
d'y revenir très vite}

On a failli la rater, cette expo, à force de se dire "on a le temps". Encore une preuve
qu'il file de façon foudroyante. Plus que deux jours pour admirer, à Orsay, un certain
John Singer Sargent ayant eu les honneurs tout à fait mérités d'une douzaine de salles 
consacrées à son œuvre.


 

 

 

{détails de "Les filles d'Edouard Darley Boit"; "Lady in red"; "mendiante parisienne"}

Peintre américain bourlingueur, et bien que contemporain de Monet, il ne fut pas
vraiment intégré dans l'école impressionniste, ses inspirations étant tantôt espagnoles
Velasquez) et flamandes (Van Dick). Ce que je retiendrai avant tout, ce sont ses délicats
portraits d'enfants, ainsi que ceux de jeunes hommes à la fragilité émouvante.

 

 

{"Albert de Belleroche"; "Capri girl"; "la table sous la tonnelle"; "homme portant des lauriers"}

Une de ses toiles cependant fit scandale à l'époque, le moyen le plus sûr finalement pour
faire parler de soi. Il s'agissait du portrait de Virginie Gautreau, épouse d'un banquier,
pudiquement rebaptisée "Madame X". Le port altier, la carnation exagérément diaphane
et, surtout, cette arachnéenne bretelle de diamants tombant sur l'épaule (qui fut remontée
ensuite pour apaiser les tensions) ont ébranlé la pudibonde bonne société du XIXe siècle.

 

{voici ce qu'en disait un critique de l'époque, Joséphin Peladan : "De toutes les femmes déshabillées, la seule
intéressante est de M. Sargent. Intéressante par sa laideur au fin profil qui rappelle un peu Della Francesca.
Intéressante par son décolletage encore à chaînettes d'argent, qui est indécent et donne l'impression d'une
robe qui va tomber. Intéressante enfin par le blanc de perle qui bleuit l'épiderme, cadavérique et clownesque
à la fois". Sympa...}

Terminer par une lecture qui réchauffe. Je ne sais pas si vous connaissez cette collection
baptisée "Petit éloge" aux Editions Les Pérégrines. Ce sont des essais portant sur des
thèmes aussi éclectiques que la procrastination, le rugby, le transat ou la gratitude.
En bonne Parisienne, j'avais récemment lu celui consacré aux cafés, ceux où l'on se donne
rendez-vous, ceux où l'on attend que la pluie cesse, ceux où la tasse est servie avec un
sablé, ceux où l'on voit du beau monde, ceux où l'on trouve le calme et l'inspiration pour
sortir son petit carnet, etc. Le feu de cheminée est admirablement rédigé, très documenté,
avec la pointe d'humour que je recherche toujours entre les lignes. Alors me vient comme
l'autrice, une furieuse envie de flambée dans une maison solognote, mais contrairement à
elle sans cigarette (j'ai arrêté il y a 23 ans) ni whisky tourbé (là, en revanche, je n'ai
jamais commencé !) juste mon chat et un thé noir, comme évoqué au début de ce billet.
La boucle est bouclée.

 

 

{un des plus jolis tableaux de John Singer Sargent sous forme de cartes postales; un feu à l'anglaise chez moi;
dans une cheminée construite de toutes pièces, pour l'illusion}

20 décembre 2025

Petites lumières

C'est la saison des jours qui, à peine levés, se recouchent sans vergogne, nous
laissant dans l'hébétude d'une réalité ténébreuse et floue.  C'est alors que
s'allument les petites lumières. Chez soi, dans les rues, partout, elles rendent
magique l'ordinaire et subliment l'inélégant.

 

 

 

{chez soi, l'avant Noël est la période où l'on s'autorise ce que l'on maîtrise tout au long de l'année : la gourmandise
et la surabondance d'objets, tout contents de sortir de leur confinement; vitrine toujours inspirante chez Cathoretro}

Elles embrasent villes et campagnes lorsqu'approche Noël, comme des points de 
suspension vers quelque chose que l'on ne maîtrise pas. A défaut d'avoir une foi
liturgique, on croit en leur pouvoir réconfortant, leur capacité à rembobiner le
film de notre vie, pour faire pause sur l'épisode enfance, lorsqu'on croyait encore
au merveilleux.

 

 

 

 

 

{les belles boutiques, pour le plaisir de la promenade, avec parfois un craquage légitime en pensant à la personne
qui en recevra les effets}

Comme chaque année je mets cap au nord pour sentir un peu plus ce esprit de Noël que
je chérirai toujours. Dans les rues de Haarlem, aux Pays-Bas, résonnent les chants anciens
que chacun fredonne sous l'épaisseur de son écharpe. On poisse ses doigts sur l'onctueux
d'une gaufre à la vergeoise, on craque pour les jolies cartes qu'on écrira plus tard sur
un coin de table, dans un de ces établissements cosy à souhait, avant de pénétrer à pas
de loup dans l'impressionnante basilique Saint-Bavon, en imaginant ce que serait la messe
de minuit dans un tel décor.

 

 

 

{siroter une boisson réconfortante avant la visite de Saint-Bavon et ses orgues majestueuses}
 

Haarlem est une jolie petite ville, située à quelques encablures d'Amsterdam, et comme
dans toutes les jolies petites villes, face aux mâchoires broyeuses des capitales, il y 
fait bon vivre. Tout est à bonne échelle, on se perd dans les impasses où s'alignent
tranquillement les maisons de brique rouge, et où paressent les chats, tous porteurs de
colliers, on admire la créativité des couronnes qui pavoisent les portes, on longe des
canaux paisibles exempts d'embarcations surchargées de touristes à selfies.

 

 

 

 

{Un voyage sans rencontre féline est un voyage raté}

On y salue les oies bernache cravant, qui viennent ici faire une halte depuis leur
migration depuis la Suède, avant d'aborder des contrées plus amènes. 
Il règne ici un petit air british qui n'est pas déplaisant, l'abondance de la brique
dans l'habitat sans doute, mais aussi chez Queens Tearoom, petit salon de thé où tout
ce que l'on consomme est présenté dans de la vaisselle chinée et dépareillée, décorée
avec une bonne dose de "mauvais goût" que ma grand-mère aurait trouvé sublime. 

 

 

 

{petite oie au repos; chez Queens, pas de chichi, c'est comme at home; une touche de soleil dans ce très
beau magasin d'objets artisanaux; d'énormes meules en vitrine : la Hollande n'est-elle pas qualifiée d'autre
pays du fromage" ? Et quel choix extraordinaire de vaisselle signée Emma Bridgewater chez Huis & Muis}

 

Je ne souhaitais pas repartir sans voir la mer, m'imaginant déjà les plages immenses nimbées de romantisme à la Peter Kroyer... Bloemendaal, la périphérie chic et résidentielle d'Haarlem, a aussi un balcon sur la mer du Nord. L'immensité était là, certes, mais les pelleteuses et les dameuses en action avaient quelque peu écorné mes fantasmes de poésie. 

Petites lumières

{Bloemendaal an Zee, zut, on a oublié les maillots !}

Tandis que Marou égrène son calendrier de l'Avent personnel (une bêtise par jour :
vivement le 25...) on s'adonne à ce que l'on préfère entre tout, et qui semble, à
mon grand étonnement, être le cauchemar de certains : la rédaction des cartes de vœux
et le façonnage des paquets cadeaux.

 

 

{j'adore ces petits fouillis qui précèdent et annoncent le moment d'offrir}

 

Très joyeuses fêtes à toutes et tous ! 

6 novembre 2025

Taches de rousseur

Tout ayant été dit, et si joliment, en littérature sur les couleurs de l'automne,
je m'abstiendrai(un peu). 
Juste constater qu'en ce début novembre dont la sonorité
même vibre comme un long frisson, plus rien ne subsiste des bleus de l'été, car voilà

que s'invitent les bruns, bronze, auburn, cuivre, truffe, aile de scarabée, marron
glacé, et surtout le roux, délicatement assorti à mon nouveau chat.

 

 

{les fleuristes envahissent les trottoirs de leur poésie automnale, même s'ils nous obligent à faire un pas
de côté sur la chaussée, cela vaut le coup de vivre dangereusement ; dernières figues, derniers marrons,
premières noix : le jardin maternel est de bonne humeur}

Taches de rousseur

{le dessus de cheminée en mode automne : la citrouille verte vient de chez Aoyama Flower Market, fleuriste bobo-chic de la rue du Bac, les feuilles de chêne... du jardin familial !}

 

Alors à la demande générale(ou presque) voici les premiers portraits officiels de
Monsieur Marou, en souhaitant qu'il ne m'intente pas un procès pour diffusion
d'images non autorisées. Avec les chats, on ne sait jamais. Je ne vais pas
m'étendre sur l'intensité de l'amour que je lui porte, car tous mes lecteurs ne
sont pas forcément fans de félins, et j'en vois déjà qui baillent et abrègent la
lecture. Je dirai simplement que j'aime tout chez lui, ses yeux couleur mirabelle,
son pelage d'une exquise douceur, ses pattes gantées, sa façon indirecte, cepen-
dant très radicale, de me faire comprendre que j'ai chez moi beaucoup trop 

d'objets de décoration inutiles, et hop, d'un geste leste, je t'en débarrasse
et tu me remercieras au moment de faire les poussières.

 

 

 

{mon petit bonheur du jour rouquin, lorsqu'il n'accumule pas les bêtises ou qu'il ne se love pas contre moi
pour un câlin, passe sa vie dans les lavabos, les éviers et les baignoires; ma véto me dit que ce n'est pas
très grave tant qu'il n'actionne pas lui-même les robinets}

Pour s'accorder aux ténèbres dont l'heure d'hiver nous ceint dès quatre heures de
l'après-midi, l'exposition consacrée à Georges de la Tour, le maître du clair-obscur,
tombe à pic. 
L'automne n'est-elle pas la saison idéale pour admirer de très près la
virtuosité de ce peintre de l'ombre et de la lumière ? On découvre avec étonnement

des œuvres quasi confidentielles, mais on se sent un peu frustré par l'absence du
merveilleux 
“Saint Joseph charpentier ” * et de l'extraordinaire “ diseuse de
bonne aventure”. L'étroitesse des salles du musée Jacquemart-André qui, rappelons-le,
est un hôtel particulier, n'a sans doute pas permis un accrochage plus conséquent.

 

 

 

 

{Job raillé par sa femme; le reniement de Saint Pierre (extrait); le souffleur à la pipe; la femme à la puce;
la Madeleine à la veilleuse; Saint Alexis}

Reste l'intensité des rouges profonds exaltés par la flamme des chandelles pour seule lumière, la précision des plis et drapés de tissus que l'on devine lourds et épais, puisque les sujets de De la Tour ne sont ni princes ni puissants, mais des gens simples dont on devine la rudesse de la vie à l'époque.

Taches de rousseur

{La Nativité}

A la campagne, les champs et les bois fêtent Halloween avec goût. Dans le 
village breton hélas dénaturé par les commerces dits "artisanaux", pierres
ancestrales et végétation résistent aux assauts de laideur pour nous
offrir leur mélancolie photogénique.

 

 

 

 

 

{selon l'humeur, on peut voir dans ces images la tristesse d'une fin annoncée, ou la joie d'une promesse
de vie plus intense}

Taches de rousseur

{Et au milieu coule une rivière...}

Taches de rousseur

{les hortensias sauvages, le long du jardin de notre ancienne maison de famille}

Je vous souhaite un très bel automne, saison des poètes, des rêveurs,
des nonchalants, de ceux qui s'accrochent aux derniers rayons de soleil
en le saluant, mais qui préparent la suite sans nostalgie. Il y a cette
citation notée dans un de mes carnets, dont j'ignore l'origine, mais que
j'aime bien, et que je partage ici : 

 

"L'automne raconte à la terre les feuilles qu'elle a prêtées à l'été"

 

 

 

 

{Marou s'entraîne pour l'hiver}

* Visible au Louvre

8 octobre 2025

Automne à Port-Louis

La froidure venant, on avait dit la Crète. Mais l'arrivée depuis quelques semaines au sein du foyer d'un petit chat couleur d'écureuil, hyperactif, hyper destructeur, hyper mignon, hyper d'une manière générale, nous a ramené vers de plus modestes aventures. L'adorable empêcheur de voyager en rond s'étant vu imposer trois jours de colo chez Georges Cat, hôtel pour chats, à nous la liberté, et vive Port-Louis, Bretagne, Morbihan, Golfe.

 

 

{Port-Louis au mois d'octobre : encore un peu de poisson, mais pas d'Antoinette; l'échauguette de la citadelle;
une des innombrables petites criques; et la pointe d'humour breton dans ce baromètre très sérieux}

Je souhaitais secrètement visiter la très belle maison-boutique de Vincent Farelly et Jean-Baptiste Martin, créateurs de l'enseigne désormais culte Antoinette Poisson... Hélas, l'arrière-saison n'y est pour rien, le comptoir semble avoir définitivement fermé. Je me contenterai des volets clos, peints de ce bleu passé totalement indéfinissable qui caractérise les bords de mer bretons.

 

 

{La Dame Blanche, librairie, salon de thé, jardin, lieu de conférences, de signatures et de rendez-vous}

Les petites déceptions sont heureusement compensées par les belles découvertes, entre autres, celle de la Dame Blanche, le cœur battant du village qui semble être déjà plongé dans sa douce léthargie automnale (où sont les gens ? Première interrogation). C'est un endroit qui devrait exister dans toutes les petites villes et bourgades, tous les endroits de plus de 100 âmes : un lieu qui réchauffe, qui donne envie de sourire, de boire et manger de bonnes choses dans de la vraie vaisselle qui ne fera pas déborder les poubelles puisqu'elle se lave, de feuilleter des livres, de parler bas, de regarder les autres gens et discerner dans leur regard l'étincelle du bonheur de l'instant.

 

 

{La Dame Blanche vient d'ouvrir; un café se prépare, pendant ce temps, on choisit une lecture :
pour moi, "La désinvolture est une bien belle chose", de Philippe Jaenada}

Le golfe du Morbihan est constitué d'une myriade de petites iles qu'on atteint à marée basse, à gué, ou en bateau. Après une vivifiante promenade contournant la citadelle, nous avons donc, comme on prend l'autobus, emprunté une navette conduisant à la presqu'île de Gâvres. Jolies maisons, jolies plages, mais le tout comme dans un épisode de la Quatrième Dimension : désertiques (où sont les gens ? Deuxième interrogation)

 

 

{Chez Martine, pique-nique en cagettes avec vue mer, imprenable; la Criée, transformée en salle des fêtes, a conservé ses belles lettres; le long de la promenade du Lohic, rencontre avec quelques jolies tondeuses écolos} 

Peu de restaurants hors saison à Port-Louis, à part une médiocre crêperie (celles de la rue du Montparnasse à Paris sont bien meilleures !) et un étoilé, mais ce n'est pas le moment. En revanche, quelle superbe idée cette guinguette "Chez Martine" près de la cale de la Pradenne, au-dessus de la plage ! On y déguste des huitres toutes fraîches, pour qui aime, mais aussi crevettes et tartinades de thon et maquereaux, accompagnés de la rondeur minérale d'un Muscadet. 

Automne à Port-Louis
Automne à Port-Louis

{la presqu'île de Gâvres}

Troisième matin : direction la Citadelle, qui abrite deux très beaux musées : celui de la Marine et celui de la Compagnie des Indes. Dans la boutique attenante, achat totalement superflu de coupelles en porcelaine bleutée, répliques de celles trouvées dans les fouilles sous-marines consacrées aux naufrages des caravelles. Pas de regrets, elles sont trop belles. Un couple de septuagénaires fait la visite casque aux oreilles, tandis qu'un groupe d'écoliers remuants la termine. A part cela, personne, quel dommage pour un si bel et si riche endroit! Mais tant mieux pour nous (où sont les gens ? troisième interrogation)

 

 

{petites gourmandises groisillonnes, disponibles ici; les roses d'octobre, en tenue d'automne;
belle villa "prune" (la couleur phare de cette saison, parait-il); la cantine des matelots}

Nous le saurons en prenant sur le port notre ultime dîner au Ma Bro, la Cantine des matelots :  c'est noir de monde, c'est chaud, ça rit, ça s'interpelle, ça vit, et en plus, c'est bon. Le retour à la nuit dans les ruelles désertes juste éclairées par la lune jusqu'à l'hôtel nous plonge avec bravoure dans un décor à la Simenon. 

 

 

{Carnac, entre landes, ajoncs et mystères; l'église Saint-Cornely, où l'on baptise encore les chevaux lors des
pardons de septembre; rue accueillante} 

Sur la route du retour, l'idée d'un très léger crochet par Carnac s'immisce dans la planification. Souvenirs de les avoir vus librement, sans barrières, mais je reconnais qu'elles étaient nécessaires, et élaborées de telle sorte qu'elles n'entravent pas la vue sur les mégalithes, tout en les protégeant des acrobates à la mie de pain et des tagueurs de tout poil.

Automne à Port-Louis
10 septembre 2025

Sans bouger (ou presque)

Sans bouger, ou si peu, on se résout à apprécier ce que l'on a sous les yeux, on fait avec ce que l'on a sous la main. Il fut un temps où je me réjouissais de passer août à Paris. Cela n'a plus beaucoup de sens aujourd'hui. Certes, sur les six boulangers de ma rue, quatre furent fermés, certes, le temps d'attente entre deux tramways passa de deux à cinq minutes, et jusqu'à ma coiffeuse qui osa prendre 15 jours de vacances (coucou Karine)! Pour le reste cependant, pas de changement notoire. La ville fut comme toujours saturée de monde, mais du monde plus aimable, plus chamarré, plus enthousiaste et moins dans l'urgence.

 

 

Prudente, j'ai refusé toute invitation de baignade séquanaise, pris mes distances vis à vis de la Dame de fer, fui les Champs-Elysées. Les promenades non programmées sont souvent les plus belles. J'ai juste levé un peu les yeux, et j'ai croisé une ruche, un plafond polychrome, une statue gréco-romaine, un salon de thé à l'ancienne.

 

 

{exposition "Louvre Couture" dans une des ailes du musée, ou comment élever la mode au niveau des objets d'art}

Au Louvre, j'ai croisé de belles visiteuses, sans doute introduites nuitamment au beau milieu des salles consacrées  aux objets d'art, de Byzance au Second Empire. Vêtues en toute simplicité par Karl Lagerfeld, Carven ou Balenciaga, elles furent nos hôtesses silencieuses pour une visite tout à fait exceptionnelle. Bande-son : le craquement des parquets en points de Hongrie et le crissement des taffetas.

 

{le Hangar Y à Meudon, tout près de Paris, ancien hangar à dirigeables, et récemment rénové, est au cœur d'un site classé en Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique; faire la jolie balade autour du lac, ponctuée d'œuvres parfois déconcertantes}

A Meudon, j'ai rencontré un Zeppelin, la maison d'un quatrième petit cochon, en casseroles et faitouts, peut-être plus résistante aux attaques du loup, une théière en dentelles, des chaises enrubannées au bord d'un lac dormant.

Sans bouger (ou presque)

{autour du lac, le banc-ruban, tout en volutes; je l'ai essayé : moyennement confortable}

Gustave comme chaque été m'a conviée en son potager charmant. Dahlias, tomates, roses et clématites nous accueillirent à pétales ouverts lors d'une très chaude journée.

 

{au potager de Gustave Caillebotte, remontent les émotions enfantines et le goût des fruits et légumes qu'on cueillait comme si c'était un dû, alors que la terre nous offrait le plus beau cadeau qui soit}

Au jardin maternel, j'ai pu mesurer les dégâts de la sécheresse. Pelouse paillasson, feuilles précocement tombées, avec juste ça et là un lys opiniâtre et les premières figues, mûres, mais au format mirabelles. Une gentille voisine nous a apporté trois kilos de pommes dans un panier. Des pommes très très habitées qui une fois débarrassées de leurs occupants, ont donné un ramequin de compote, mais bio. 

 

 

   

   

{les très petites figues font la ronde sur une tarte pour le goûter; pommes très véreuses, donc bio; résultat : une compote, coiffée d'un crumble aux noisettes}

Et tout près de là, au bord de la mer, le paysage avait pris des couleurs de littoral scandinave, ceux que l'on peut admirer dans les peintures de Peter Severin Kroyer. Sans préméditation aucune, j'avais endossé moi aussi celles du ciel et de l'Atlantique.

 

Sans bouger (ou presque)

{Tharon plage, sur la commune de Saint-Michel-Chef-Chef, en semaine, temps couvert...Je ne me savais pas si petite !}

Côté lectures j'ai ouvert de tout petits livres, tout fins, de ceux que l'on peut glisser dans la poche arrière du jean. Mais la valeur n'attendant pas le nombre des pages, je les ai savourés, revenant plusieurs fois en arrière, notant la tournure d'une phrase spirituelle (Matthias Debureaux), recherchant un mot jusque là inconnu (François Cheng), me retrouvant dans les souvenirs d'une autre (Elisabeth Olliéric).

 

 

Aux Puces tout près de chez moi (l'avantage, au moins un, d'habiter un quartier très populaire) le dimanche matin c'est Paris en couleurs. Les langages du monde se rencontrent dans une cacophonie jubilatoire, les effluves de la baraque à frites font bon ménage avec le limonaire, je pars avec 2€ en poche. Butin : une gravure d'oiseau, un petit bol signé Gien. Je suis contente.

 

 

 

 

{je suis partie avec 2€ : 1 pour le dessin de l'oiseau, 1 pour la coupelle verte signée Gien; zoom sur l'adorable panier de cette élégante chineuse japonaise; à même le sol, sur des nappes de fortune, les témoins d'autres vies}

L'été touche à sa fin. Il subsiste encore dans l'air quelque chose de doux qui résiste. Les rentrées depuis longtemps ne sentent plus ni le cuir neuf des cartables, ni l'amande des pots de colle, ni le parfum boisé des crayons alignés en dégradés de couleurs dans leurs boîtes métalliques. Mais les marronniers résistent, et leurs fruits cette année encore seront soyeux au toucher dans le fond des poches.

 

* Louvre couture

* Hangar Y

* Maison Caillebotte

* Tharon plage

* Une nuit au Cap de la Chèvre, par François Cheng

* De l'art d'ennuyer en racontant ses voyages, par Matthias Debureaux

* La profondeur de l'apparence, par Elisabeth Ollieric

* Puces de Vanves

20 juillet 2025

Océan

Lorsque je remonte le temps sur mes errances hexagonales, une évidence me saute aux yeux :  l'essentiel de ces vagabondages suit méthodiquement un tracé en diagonale entre deux points majeurs : le nord-ouest et le sud-est. En gros, Bretagne et Provence, avec quelques pas de côté parfois, mais jamais bien loin. 

 

 

 

 

 

 

 

{Petits trésors de plage; à Batz sur mer, une "folie" en rénovation et un détail de la chapelle
Notre Dame du mûrier }

Je ne sais ce qui m'attire à l'infini vers ces deux pôles. Rien d'original à cela, les sondages, si l'on y croit, les portent depuis longtemps au top des destinations  privilégiées lorsque l'heure des vacances s'annonce. Alors faut-il amèrement constater mon manque d'originalité, voire de curiosité ? Inutile d'analyser ce qui risquerait de gâcher mon plaisir de me rendre, encore et toujours, en Provence. Et en Bretagne.

Océan

{Batz sur mer : le boulevard des Korrigans}

Océan

{Promenade en soirée, lorsque le village est endormi et que l'on se parle en chuchotant}

Je reviens de Batz sur mer, une de ces petites stations balnéaires qui vous ramènent instantanément vers l'enfance, les châteaux de sable, les beignets du goûter, le bob en toile (aïe aïe aïe...), les permissions nocturnes de partager la nonchalance alanguie des adultes autour de la table du dîner. 

 

 

 

{A Saillé et Kervalet, les bleus dominent...}

Certains diront que cette Bretagne-là, la Loire-Atlantique, n'est pas la "vraie", qu'on y trouve assez peu de ces ravissants petits villages comme il en existe dans le Morbihan ou le Finistère, ceux qui commencent par Plou ou Ker, là où les smartphones se dégainent compulsivement à la vue d'un mur de granit ourlé d'hortensias. Je prouve le contraire en photos !

 

 

{...Mais les rouges n'ont pas dit leur dernier mot : chaumière briéronne; brocante et pélargonium incarnat à Kervalet}

Océan

{La plage Saint Michel à Batz, et ses cabines aux couleurs inattendues : de "beurre frais" à "zeste de citron", pas de concurrence déloyale avec les rayures bleues et blanches des côtes normandes ! 

Le petit plus du coin, ce sont indubitablement les marais salants. Au musée qui leur est consacré, on comprend très vite l'éclat et le rayonnement de ce bien précieux. Le soir après la crêperie, la balade au soleil couchant fera bientôt partie de ces doux souvenirs sans esbrouffe qui alimenteront nos pensées lorsque les temps durs seront revenus.

 

{On appelle "mulons" ces monticules  de sel qui font penser aux chapeaux des clowns blancs}

Océan

{On sort de la crêperie Fleur de sel, où la "Turballaise" et la "Saint Guénolé" étaient délicieuses, la température est idéale, alors en s'éloignant un peu, on s'offre cette promenade nocturne et cette vue incroyable, comme un cadeau}

A Guérande, on rejoint sans entrain la foule qui se passionne pour les villes closes. On retrouve les mêmes à Concarneau, au Mont Saint Michel, à Saint-Malo et Carcassonne... Certes, Guérande mérite vraiment plus qu'un coup d'œil, si on le lève suffisamment haut, l'œil (mais les deux, c'est mieux) pour passer au-dessus des enseignes de commerces pas toujours heureuses.

 

 

 

 

{Guérande; trop de monde ce jour-là pour prendre des photos sans short et tongs qui donnent envie}

Non loin de là, dans le nord du département, la Grande Brière étale ses bocages et marais où croissent à foison renoncules aquatiques, joncs, scirpes et thorelles, toute une flore aussi poétique que mystérieuse. Reconnue parmi les plus riches d’Europe sur le plan biologique, la Brière est un site d’hivernage privilégié, voire exclusif  pour la reproduction de certaines espèces rares d'oiseaux d’eau. Mais elle est aussi, et c'est ce qui fait sa répuotation, la région de France où la densité de chaumières est la plus importante, avec quelque 3000 toits de chaume ! Amateurs de cottages ne pas s'abstenir.

 

 

 

{dans le village musée de Kerhinet, se nichent 18 chaumières toutes plus craquantes les unes que les autres}

On les devine, ça et là, un peu cachées et elles ont bien raison, derrière des haies, leur petit casque de jonc dru dépassant à peine des massifs d'hortensia. Il faut se rendre au village reconstitué de Kerhinet, sur la commune de Saint Lyphard, pour les admirer de près.

Océan
27 juin 2025

Plein Soleil, toujours

Si quitter la nonchalance d'Uzès demande quelques efforts, ils sont bien récompensés. A quelques encablures, l'étonnante Bambouseraie d'Anduze nous accueille dans la fraîcheur de son parc aux mille espèces végétales. Aux portes des Cévennes, sous un même ciel, vous attendent les sequoias de Californie, les palmiers de Chine, les magnolias du Japon, et surtout, cet insolite village laotien entièrement construit en bambous.

 

 

 

{Accrochée aux bambous, une petite maison d'insectes du même matériau; quelques édifices du village laotien; eau de toilette de circonstance}

On découvre à quoi ressemblent le thé, le café, le poivre avant d'arriver métamorphosés dans nos mugs et nos assiettes. Là encore, ne pas suivre l'ordre de visite conseillé, ce n'est pas bien grave si on en rate un peu, fuir l'instinct grégaire qui nous impose la présence bruyante de personnes avec lesquelles le seul point commun est d'avoir choisi d'aller à la Bambouseraie, ce jour-là, à cette heure-là. Dans l'inévitable boutique qui ponctue la visite, tomber sur l'eau de toilette de ses 18 ans : "Bambou" de Weil, introuvable ailleurs.

 

 

 

 

{A Lussan, quelques éléments choisis pour ma collection de portes, plus humbles, plus brutes qu'à Uzès, mais nimbées du même mystère : sur quoi s'ouvrent-elles ? Vive la mariée ! La seule animation dans le village ce samedi-là}

Plein Soleil, toujours

{Comment se lasser ? Vue sur la campagne depuis le chemin de ronde}

Lussan : "plus beau village de France", telle était la promesse. C'est vrai qu'il est bien joli, ce village, perché comme beaucoup dans la région, dominant le paisible paysage cévenol. Il se mérite, il faut grimper, et semble préserver sa farouche intimité derrière une exubérance de lauriers, lierres, acanthes et grenadiers. Pas de boutiques de foulards indiens ou de couverts en olivier, un seul café/restaurant, quelques maisons d'hôtes, des chats (évidemment)et la ritournelle grinçante des cigales.

 

{Le micro jardin du presbytère et son citronnier; la jolie maison d'hôtes Le jardin des buis, rue de la Ritournelle}

Si le soleil n'abandonne pas la partie, les moustiques non plus, et la fête est un peu gâchée par leur voracité de vampires assoiffés. Quittons donc encore le jardin uzétien dont la végétation désordonnée les inspire, pour Saint Quentin la Poterie.

 

 

 

{Saint-Quentin-la-poterie, petit musée à ciel ouvert, où un orage bienfaisant nous a cueillies au moment du café}

Une quarantaine d'artisans ouvrent leurs échoppes à qui veut bien s'y aventurer. Ce village est aussi le siège du Musée de la poterie méditerranéenne, hélas fermé lorsque nous avons voulu nous y présenter. A ce sujet, je trouve vraiment dommage que les musées ne proposent pas des plages horaires plus étendues, ceci étant valable aussi pour les jardins, et je pense en particulier à celui de Giverny, qui ferme ses portes à l'heure la plus belle, celle des rayons déclinants...

 

 

Un début de fraîcheur s'installe. En route pour le Pont du Gard, l'aqueduc le plus célèbre du monde, du moins sa partie la plus monumentale. On est une fois de plus subjugué par la maîtrise et l'ingéniosité de nos anciens, cette œuvre maitresse remontant au premier siècle de notre ère.

 

{Castillon du Gard, très beau, assoupi à cette heure de la journée: personne, mais absolument personne dans les rues : village fantôme ?}

Comme ce deuxième billet est sans doute un peu redondant pour vous, je passerai sous silence la journée à Nîmes, d'autant que cela m'arrange aussi dans la mesure où mes convictions très affirmées sur la bêtise humaine et la souffrance animale auraient occulté le reste. Je sais qu'on ne peut résumer une ville à "ça" mais même la Maison carrée ne m'a pas éblouie. Je n'ai pas non plus éprouvé le besoin de m'aventurer dans les arènes, ayant visité il y a quelques années le Colisée, chef d'œuvre monumental de la gloire romaine, à l'époque cadre de carnages sanguinaires, mais devenu, lui, bien inoffensif.

 

 

Pour finir, un petit tour chez les brocanteurs à qui il faut expliquer que la Clio ne peut pas contenir cette amphore king size ni ce salon de jardin puisqu'on n'en a pas. En revanche, cette jolie collection de barbotines signée Sarreguemines, chinée au vide-grenier, sera du plus bel effet sur les tables d'été. Un dernier Virgin Mojito Place aux herbes et déjà s'annonce le retour vers Paris.

 

*La Bambouseraie près d'Anduze

*La Malaïgue  vins et produits bio

*Saint Quentin la Poterie

*Alliance anti-corrida pour soutenir Claire Starozinski

21 juin 2025

Plein soleil

Silence. Chaleur écrasante. Des fentes percées dans les volets, passe la lumière, aussi drue qu'un rayon laser. La maison somnole comme un gros chat. Cette maison, on l'a à soi pour quinze jours seulement. Quinze petits jours à ne rien faire d'autre que muser dans les ruelles de la si jolie ville d'Uzès.

 

{Uzès, tout le midi sous ses platanes, ses terrasses de café, ses fontaines et son parfum de jasmin}

La lecture il y a quelques années déjà de "La libraire de la place aux Herbes" aurait-elle influencé mon choix ? Ce n'est pas impossible. Mais Uzès ne se résume pas à cet endroit, point névralgique de la cité ducale, qui accueille le grand marché du samedi, les artistes du dimanche après-midi, les bateleurs, le musiciens, les enfants qui s'arrosent autour de la fontaine, les restaurants sous les arcades... 

 

 

 

 

 

{La fameuse librairie; la fraicheur des arcades; un peu de déraison, ce sont les vacances ! Alors un Spritz garçon s'il vous plait}

Plein soleil

{ La fontaine de la Place aux Herbes}

Car Uzès a une histoire. En témoignent ces trois tours qui, dominant la ville, symbolisent les pouvoirs qui y ont régné depuis la révolution ainsi que les façades de pierre blonde des hôtels particuliers, transcendées par la lumière du soir. Propriétés de riches marchands de draps, de tisserands exploitant la fabrication et le commerce de la soie, ils sont pour la plupart aujourd'hui classés monuments historiques. 

 

 

 

{On marche sur les armoiries du Duché; le Duché en question, dont on aperçoit une partie de la toiture en tuiles vernissées bourguignonnes; les si jolis pots en terre naturelle, portant le sceau CR  : du nom du Baron de Castille et de son épouse Hermine de Rohan, pour lesquels ils furent créés.}

L'heure idéale pour muser dans cet entrelacs de rues pavées (je déconseille fortement tout talon au-delà de 2cm...) est celle où les chats, ces adorables fourbes, sortent en ondulant de leur 12 heures de sieste pour courir la souris. Tout est calme, on tombe parfois, qui s'échappe d'une fenêtre entrouverte,(cela m'est arrivé, c'est pourquoi...) sur le deuxième mouvement du Concerto pour clarinette de Mozart, qui n'a pas grand chose à voir avec la région, mais ce qu'il y a de bien avec Mozart, c'est comme le noir, ça va avec tout.

 

{une porte de plus pour enrichir ma collection; je ne sais si ce sont les chats qui me cherchent ou le contraire : en tous cas, il y en a toujours un sur ma route : beau rouquin rue de la Grande Bourgade, petite panthère noire près du Duché, Safran, le chat de la rue Jacques d'Uzès, une figure semble-t-il}

En nous promenant sur les vestiges de remparts, tout près de la colossale cathédrale Saint Théodorit, on est fasciné par ce qui s'offre à nos yeux, l'étonnante similitude avec les paysages de la campagne toscane : les plaines vallonnées piquées de cyprès, les mas aux toits de tuiles rondes, le ciel tout azur, on y est.

Plein soleil

Au Jardin Médiéval, enclos au pied de la Tour du Roi et de celle de l'Evêque, promenade fraîcheur au milieu des plates-bandes de plantes rares, ou méchantes, ou bienfaisantes, ou juste jolies. D'émouvants graffitis, dont certains datent du XIVe siècle, ornent les murs d'enceinte. La montée des  marches pour admirer la ville avec hauteur s'est faite sans encombre (et sans croisement !) mais la descente dans le boyau un peu plus compliquée pour l'acrophobe que je suis.

 

 

{La visite terminée, on vous offre une boisson fraîche à base de citron et de romarin, dégustée sous l'œil indifférent du chat du domaine}

Plein soleil

Les jours de marché ou de visites, de retour à la maison pour une sieste, une lecture sous le figuier, on en apprécie doublement le calme et la fraîcheur. Il y a aussi la piscine, bien sûr, mais un descriptif peu clair sur l'annonce nous a fait ranger nos foutas quant à son usage privé.

 

 

 

{ le nid, pour quelques jours seulement}

J'ai imaginé un second volet pour mes aventures gardoises, en gestation actuellement pour cause de tri de photos pléthoriques. A très bientôt !

 

 

 

 

{Nous avons croisé un peu partout sur les murs de la ville, ces gracieuses hirondelles peintes au pochoir; j'ai trouvé joli d'alterner leur grâce ailée avec la robustesse des portes des maisons de pierre}

Plein soleil

* La Fontaine, bar restaurant place aux Herbes, pour ses tapas, son cocktail sans alcool "Mona Lisa", et la gentillesse de ses serveurs

* Le Jardin médiéval, au cœur de la cité

* les pots d'Uzès, où l'on a envie de tout emporter

 

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