Succulences
Sans jardin, je trouve mon compte dans la contemplation de
ceux de la ville de Paris, tous beaux, tous différents,
du Parc Monceau aux Buttes-Chaumont, en passant par
les Tuileries ou le Luco, ainsi que tous ces charmants petits kiosques
dont on pousse la grille un peu usée, le temps de lire
quelques pages entre deux rendez-vous, mais aussi ces touchants
jardins partagés, dessins d'enfants colorés, étiquetés,
alignés comme les planches Rossignol dans les classes d'autrefois.

Mais pour mon petit coin de verdure perso, je fais appel à
ma jardinière préférée {maman} qui me fournit en succulentes, puisque
ce sont à peu près les seules plantes que je ne parviens pas à flinguer.
Trois pots, voilà, c'est un début...
L'art du bouquet dans mon joli vase ampoule Serax
est également à revoir, ce qui m'ammène naturellement
(quel enchaînement)à parler du pays passé maître dans cet art,
le Japon, et à l'exposition insolite que consacre
actuellement le Bon Marché à l'artiste Chiharu Shiota.
Performance monumentale de fils de coton simplement noués,
son oeuvre nous invite à réfléchir sur le voyage aventureux
qu'est la vie. On pénètre dans cette chrysalide immaculée
comme dans une grotte inconnue, sans bien savoir
ce que l'on finira par trouver. Étrange, onirique, symbolique,
tout ceci ne laisse pas indifférent.
Et ces filous de marketers en ont profité pour surfer sur l'idée
en rééditant...Le filet de ma grand-mère !
A prix spécial BM Rive Gauche, naturellement.
A la question "Where are we going ?" de Chiharu, j'ai répondu "At home"
car il faisait encore bien froid ce jour-là, et la tartelette bricolée
avec un reste de pâte et une demi-poire, accompagnée d'un café mousseux,
fut un joli moment calme, et succulent.








