Vrac d'automne
Lorsque l'automne arrive, il est rare que son entrée soit fracassante.
Il reste encore quelques rayons accrochés à ses nuages.
La passation des pouvoirs avec l'été se fait doucement, encore hésitante.
On renonce difficilement à la caresse du soleil sur la peau,
aux soirées qui s'étirent, aux petits matins baignés de lumière.
{un herbier à réaliser à quatre mains, deux grandes et deux petites;
des figues de la production maternelle, des bruyères pour me rappeler ma Bretagne,
un petit reste de pâte maison et trois ou quatre mirabelles pour garnir la tartelette,
une lune pleine de poésie qu'on décrochera peut-être un jour...}
Mais voilà que d'un coup, il s'impose, cet automne d'octobre,
les premières flambées crépitent, les pulls sortent des armoires,
les bottes reprennent du service, et dans la rue, les marrons chauds
dans leur journal ont remplacé les cornets de glace.
{tarte au citron vert ou tarte aux brocolis, noix et feta ? assiettes dessert à liseré or trouvées
près d'une poubelle...; tapis Zara Home}
A la maison, on range les coupelles pleines de coquillages, les coussins
aux tons clairs, les cartes de vacances reçues qu'on avait glissées
dans le miroir de la cheminée. On fait des tartes avec les premiers
fruits qui arrivent et les derniers qui partent. Le parquet devenant
trop frais aux pieds nus, on sort le tapis, on s'octroie des pauses café
avant d'attaquer les corvées.
{cette marque nantaise et artisanale de biscuits, monogrammée au prénom de ma petite-fille
se fait doucement une place de choix au pays du Petit Lu ! faisant partie des rares qui sucrent
encore leur café (mais pas leur thé !)autant le faire avec ces adorables petits sucres en forme
de canelés; ce minutieux travail de collage de graines et fleurs sèches sur un tambourin
à broder m'a été offert par Marie*}
Je sais que pour beaucoup d'entre vous, c'est une saison bénie, vous engrangez
les belles courges de vos jardins, vos érables et chrysanthèmes flamboient,
vos lauriers tin, asters et ancolies s'en donnent à cœur joie, tandis que
les bonnes grosses têtes d'hortensia se lyophilisent doucement dans
une dame-jeanne, juste à côté de la récolte de pommes luisantes.
{les jardins de Bercy, un hâvre à apprécier hors week-end; on s'assied au soleil sur le muret
qui entoure le potager des petites mains vertes, et on regarde pousser les fleurs
et les légumes comme si c'étaient les siens !}
A défaut de goûter à ces plaisirs sains, je trouve le mien, lors d'errances
citadines, dans les parcs, jardins et squares qui abondent ici plus
que l'on imagine. Pour me porter, je me suis offert une solide paire
de bottines lacées d'un brun encore plus lumineux que celui des marrons
qui jonchent le sol.
Les boutiques aussi se sont faites belles à la rentrée, il fallait bien
renouer le contact. J'aime y entrer, bonjour, je peux vous renseigner,
merci non je regarde... Vous connaissez tous et toutes ce code.
La vendeuse fait juste son travail, et vous lui répondez gentiment,
même si ça agace un peu. Après tout vous êtes chez elle, la plupart du
temps vous n'achetez rien, ce sont des boutiques-musées, où chaque objet,
d'une utilité toute relative, coûte beaucoup trop cher, ou alors c'est
exceptionnel, pour un cadeau, que l'on aura le plaisir de tenir en main
avant de l'offrir allègrement. On ne dira jamais assez à quel point
ce qui est beau peut apporter de gaieté et de plénitude.
{Perfection automnale dans la boutique d'Alix D. Reynis; la photo n'est pas récente mais tout
chez elle donne à rêver; me souvenir que je possède les mêmes couverts en argent,
motif coquille, et qu'il me faut les retrouver}
* Lilihouat : jolis petits objets faits main par une Bretonne insulaire
* Maison Suzanne : délicieux biscuits sucrés ou salés, en production locale et artisanale
Je précise une fois de plus, puisque cela m'a été reproché, que je n'ai
aucune, mais absolument aucune rétribution, qu'elle soit sonnante
et trébuchante ou sous forme de cadeaux, avec les marques ou boutiques
que j'évoque parfois sur mes billets.
Ce sont juste des coups de cœur que je souhaite partager avec vous.





























