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La Ligne 13
10 mai 2026

Paréidolie

On cherche un mot dans le dictionnaire pour en vérifier l'orthographe, un simple
mot qui commende par un P, et voici qu'on en découvre un autre. Paréidolie.
Voir un cœur dans un nuage, un nuage dans un caillou, une fleur dans un oiseau, 
une dentelle dans un ressac, un visage dans une ramure... A ce phénomène poétique, 
qui porte le doux nom de paréidolie, il semblerait que tout le monde adhère, 
consciemment ou non. J'ai en mémoire le rocher dit "à tête de lion", sur la plage de 
Saint-Marc, celle là même où a été tourné le film "Les vacances de Monsieur Hulot". 
Moi je lui trouvais plutôt un faux air de gorille, mais ce qui est bien en paréidolie, 
c'est que chacun est libre de voir et surtout de penser ce qu'il veut. A méditer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

{quelques Pierre de Ronsard, quelques Leonardo Da Vinci, ont fait le voyage pour colorer l'appartement
citadin}

Les roses du jardin maternel ne recèlent aucun ambiguïté : roses elles sont, roses
elles demeurent, leur beauté absolue ne tolérant pas d'interprétation oiseuse. Les
derniers beaux jours d'avril ont fait exploser les parterres d'iris, d'azalées et
de muguet au point que le premier mai venu, nulle clochette sur la table familiale,
mais des roses en pagaïe, des ourlées, des perlées, des feuilletées, des pointues
et des joufflues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

{derrière le cabanon fraîchement repeint, fouillis fouilla de verdures en attente de discipline, enfin
juste un peu...}

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

{cuisine simple entre filles, entre sœurs : bonnottes ail et romarin, tarte aux fraises, quiche Boursin
et courgettes}

Ici, malgré la charge mentale, on apprécie le confort d'une très grande maison, avec 
une vraie cuisine qui donne envie de se nourrir. Les petites bonnottes de Noirmoutier
seront rôties avec ail et romarin du jardin, et les gariguettes feront leur farandole
sur un biscuit breton recouvert de mascarpone. On prend bien soin de garder une petite
faim pour les macarons de Pierre Hermé, au moment du café.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand début avril il ne fut pas question de se découvrir d'un fil, la lecture a réchauffé
les esprits. Entre autres, le si attendu "Finistère" d'Anne Berest, dont j'avais tant
aimé "La carte postale". L'autrice s'intéresse cette fois à l'histoire de son père,
Pierre Berest, petit-fils du fondateur de la première coopérative bretonne, fils d'un
professeur de lettres classiques, lui-même brillant mais taiseux mathématicien. En
pleine promotion de son roman qui racontait l'épopée de la branche maternelle de la
famille, Anne Berest apprend sa maladie, et comme une évidence, lui vient l'urgence
de s'atteler à son histoire. Son style est lumineux, simple, harmonieux, sincère, sa
façon de décrire l'intime sans voyeurisme, nous entraîne à pas prudents dans la confidence.
Comme j'aurais aimé en faire autant vis à vis de mon propre père ! Même sans que cela
soit publié, juste pour fondre sa vie dans mes mots. Ne jamais remettre l'essentiel au
lendemain. J'ai adoré Finistère.

 

{deux romans, deux vies : Kolkhoze et Finistère; je réserve les "Petits voyages en France" pour ma
prochaine escapade, et je vous dirai}

Confidences pour confidences, voici un auteur qui n'en est pas avare : Emmanuel Carrère
se raconte pratiquement dans tous ses opus. Mais son talent narratif l'emporte sur son
nombrilisme, et avec "Kolkhoze", nous voici plongés, après un grand écart ouest-est,
dans la saga extraordinaire de la famille Zourabichvili, nom de naissance d'Hélène
Carrère 
d'Encausse, la propre mère de l'écrivain. Si le portrait qu'il fait d'elle ne
m'a pas 
surprise - une femme certes flamboyante, mais dure, sans concessions, parfois
injuste, 
j'ai en revanche été très émue par celui du père, ce Louis Carrère discret
et ébloui, qui ne survivra à son épouse que quelques mois, comme une fleur se couche
dès qu'on lui ôte son tuteur. 

 

 

 

 

{les 100 ans d'Art Déco au Musée des Arts Décoratifs à Paris}

Avril me vit encore arpenter les salles de musées, avant d'aborder enfin cette période
si jolie, mai et juin, où le printemps bien installé cède peu à peu le terrain à l'été
naissant, période pendant laquelle j'espère me consacrer aux joies du grand air. Le
Musée des Arts Décoratifs fêtait les 100 de l'Art Déco, ce style un peu provocant, un
brin sophistiqué, qui bouleversa par son modernisme visionnaire tous les principes
architecturaux et vestimentaires peu de temps après le premier conflit mondial. On peut

rêver de boire le thé dans un salon estampillé André Groult, vêtue d'une robe fluide
signée Madeleine Vionnet. Mais le clou de l'exposition, ce sont évidemment les maquettes
du futur Orient-Express ainsi que la reconstitution de l'ancien train "Etoile du nord".
Installées sous la Grande Nef, baignant dans une lumière aux nuances allant du miel au
thé léger, elles ont offert aux visiteurs éblouis le plus beau voyage immobile.

 

Commentaires
C
Merci beaucoup, j'avais déjà lu ce mot paréidolie, mais je l'avais oublié !!! C'est pourtant un loisir simple, si plaisant ...<br /> Votre talent de plume et votre oeil aimanté par le beau, donnent du relief à votre charmant billet : vos roses de jardin, menus, expos, bol à oreilles pour la présentation du livre Finistère ... j'admire tout !<br /> Le nombre d'années qui dit mon âge m'empêche d'employer le "tu", mille excuses ...<br /> Déjà bel été ... Dominique !
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T
Bonjour Claudie, désolée de répondre aussi tardivement, et merci de votre gentil message ! <br /> Si le "tu" vous agrée, ne soyez pas bloquée par votre âge, qui ne doit pas être si éloigné du mien.<br /> De retour d'une île et bientôt en partance pour un petit coin de France que j'espère épargné par la canicule, je me me suis mise au ralenti dans ma cage urbaine, ne sortant que tôt le matin pour promener mon petit chat, et assez tard le soir, les commerçants à Paris ayant des horaires adaptés à nos modes de vie contrastés.<br /> Passez une bonne journée,<br /> Dominique
P
Un billet plein de fraîcheur que j’apprécie pour les jolies photos mais tout particulièrement pour le partage des romans, je n'ai plus grand chose à lire et les achats hasardeux ne sont pas toujours de bonne augure. <br /> La langue française, si maltraitée en ce moment, renferme des richesses poétiques que l'on ne soupçonnait pas. Merci pour la découverte de ce bien joli mot.<br /> Loin de l'écran d'ordinateur en ce moment, j'aime pousser ta porte, pour y savourer ces petites bulles de poésie.<br /> Belle semaine à toi<br /> Patricia
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M
Grâce à toi je découvre un bien joli mot. On le prononce comme on savourerait une petite douceur. On se délecte de ses cinq syllabes qui tournent dans vote bouche et que l'on étirerait bien jusqu'à l'infini comme une ritournelle, une petite mélodie charmante. La langue française recèle de véritables pépites ! A part ça, j'ai lu Finistère et ai été moins emballée que toi même si j'en ai apprécié la lecture. J'étais restée sur l'uppercut lancé par La carte postale. Ce Finistère m'en semble la pâle et lointaine imitation, comme si l'autrice avait réutilisé la même recette de cuisine, mais avec moins de saveurs. Je lis en ce moment Mon vrai nom est Elizabeht de Adèle Yon et cette lecture m'ébranle, me bouleverse, et me marquera durablement je le sais. Je t'embrasse. Marie *
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N
De doux moments, je note Finistère, par contre, je n'ai essayé que Yoga de Carrère, et ne connaissant pas cet auteur par ailleurs, je l'ai trouvé extrêmement nombriliste, oui, et j'ai abandonné... Peut-être essayer un autre chemin pour apprécier (ou pas du tout, il y a tant à lire !)<br /> Un agréable moment passé ici à regarder tes beaux clichés et profiter de ta plume qui décrit avec douceur les jolis moments de la vie ♥ Merci !
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L
De jolies photos pleine de poésie avec un petit faible pour celles avec les roses. Un vrai paradis ce jardin familial qui regorge de nombreux plants ! Et ce mot que je ne connaissais pas. Il m'arrive de photographier nuage, rochers (en Bretagne , ce n'est pas ça qui manque)..... quand ils ont une forme particulière.<br /> Merci pour ce partage. Bisous à vous deux
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T
Le "petit paradis" demande beaucoup de soins ! Je ne m'y connais pas trop en jardinage, mais l'éclosion des roses me motive pour m'y intéresser. Merci de ton petit mot, c'est toujours un plaisir de te lire. J'espère que tu vas bien dans ta belle Bretagne. J'y serai en vacances cet été, du côté de Binic !<br /> Bises. Dominique
B
Oubli important !!!!! je découvre le terme Pareidolie ! J'adore les nuages : je peux retser en admiration devant et selon , les voir évoluer et aussi bien l'un que l'autre dès qu'on voit quelques chose dans un arbre , un objet ou autre on court versq l'autre : " viens vite voir !!!!!" avec une petite appréhension si l'autre ne voir pas la même chose mais ....cela n'arrive jamais . J'essaierai de te te revouver ce visage dans l'accrochage de l'embrasse d'un rideau par exemple.
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B
Bonjour tardif et j'en suis désolée . Toujours et encore un tellement riche : moi tellement casanière depuis toujours et ma moitié pareil !! ma mémoire défaiillante depuis toujours ne me fait pas courir les expositions car je n'en garde rien et c'est violent .J'ai "appris" beaucoup de Kolkhose notamment de la personnalite de sa mère et là je ne m'étais pas trompée : femme avec un égo démesuré , son visage , sa gestuelle pendant des émissions télévisées dénocait une femme très froide . Mais le style journalistique du livre ne m'a pas emportée surtour que j'ai enchainé avec La Maison douce de Mauvinier : quel style!!!!!!!! ca c'est un ecrivain : ce livre m'a énormément touchée. Je vais lre Finistère , je ne connais pas l'auteur.<br /> Toujours à prendre les bons moments à Nantes dans la maison familiale : pour moi une page s'est tournée là aussi .<br /> Merci pour ces belles photos !
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M
Bonsoir, belle découverte d'un mot ignoré, mais rêver en regardant les nuages allongée dans l'herbe avec mes amies, <br /> Pareidolie me ramène à l'enfance. Et je retrouve dans ton billet, les ballades au jardin, les bouquets de fleurs, les bons petits plats simples mais tellement savoureux, le plaisir des repas en famille. Un parfum de printemps et de bonheur. Bonne soirée.
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T
Bonjour Marie,<br /> Je pense qu'avec le temps, je prône de plus en plus la simplicité... Qui n'exclut pas un brin de raffinement.<br /> Le printemps a fait marche arrière ces derniers jours, le bon moment sans doute pour revoir l'organisation de son intérieur, pour être libre ensuite de flâner lorsque le soleil reviendra !<br /> Passe un bon week-end,<br /> Dominique
M
Pareidolie,un mot que je découvre grâce à toi,même si depuis toujours mon esprit vagabonde sur certaines vues au gré de mon esprit!<br /> <br /> Ce printemps les fleurs sont à leur apogée pour notre plus grand plaisir ,voir et humer un petit bonheur.<br /> ..<br /> Finistère était noté et je rajoute Kolkhose.<br /> Comme elle est belle cette expression de la fleur qui se couche sans son tuteur!!.J'y adhère tellement.......<br /> <br /> Encore un bon moment au Musée Art déco.<br /> <br /> Parisienne pour quelques jours,je ne suis allée dans aucun musée,hélas.. mais priorité à ma petite famille!<br /> Seule visite la bibliothèque Richelieu,lieu de silence et bonheur des yeux de voir tous ces livres dans un très beau lieu!<br /> Belle journée Dominique.
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M
Vous savez comme j'aime les mots ! Paréidolie : c'est magnifique à écrire, à dire, à lire, à vivre. <br /> Merci !
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H
Je cherchais ...désespérément le nom de cette douce " maladie" dont je "souffre depuis ma tendre enfance : la paréidolie !!! Merci Dominique !Pas grave du tout , bien au contraire , souffrir de poésie , d'imaginaire fertile , d'originalité en liberté ,n'est pas souffrir ...;-)<br /> Finistère , c'est chez moi , j'ai bcq aimé ce livre ....Et le film MORLAIX est à voir , qqs scènes ont été tournées chez des amis de mon quartier !!!!<br /> Jardin ressemblant au mien , rempli de verdure , de roses , d'iris ( oh , j'aime +++ !) un rien fouillis , à l'Anglaise ( c'est l'idée explicative qui me ravit ;-)<br /> De belles tablées familiales , des plats sympathiques réalisés à plusieurs mains en se racontant des souvenirs ....J'aime!<br /> Je partage et adhère , l'essentiel , c'est tous les jours .....le temps passe si vite.<br /> QQs soucis de santé nous perturbent un peu , mais vive le printemps , les fleurs , les nichées d'oiseaux , les points de tricot pour un de mes petits , le renouveau ....<br /> Des bises d'Hélène.
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D
Ce jardin familial est un joli trésor dont il faut profiter un maximum. Un moment avec sa soeur qui ramène à l'enfance est aussi à privilégier !!! Belle semaine à toi. Bises Sylvie
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S
Très beau billet.<br /> J'ai réduit mes déplacements sur Paris à cause d'une arthrose du genou gauche particulièrement douloureuse.<br /> Bonne journée.<br /> Sylvie
Répondre
L
Encore un joli billet qui nous fait traverser des jardins en fleurs, ce que j;imagine le salon familial avec une table bien dressée sur laquelle sont rangés des plats tous plus appétissants les uns que les autres. Et puis ensuite on fait la pause lecture [ J'ai moyennement aimé Kholkoze] et l'on se retrouve ensuite au musée ... Pour ma part hâte de partir au bors de la mer le mois prochain et m'allonger sur un transat pour regarder et interpréter les nuages
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T
J'aime beaucoup la dernière phrase ! 😊Pour ma part le bord de mer sera celui de l'océan, début juin, pour quelques jours à l'île de Ré. Espérons un temps meilleur qu'en ce moment...<br /> Je ne doute pas du soleil que tu auras sur une plage grecque !<br /> Passe une bonne semaine,<br /> Dominique
C
Toujours le meme plaisir de te lire...je me regale ..ces roses sont magnifiques ..tu ecris merveilleusement bien ,ce que je ne sais pas faire .
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F
Finistère, mon département natal, est un titre parfait :<br /> toute la première partie du livre d’Anne Berest m’a ravie<br /> tant le dynamisme saint-politain y trouve sa place,<br /> la suite plus révolutionnaire s’éloigne de mes souvenirs…<br /> <br /> J’aime tes bouquets de roses, ces fleurs que nous redécouvrons <br /> chaque année comme des miracles, des bijoux vivants<br /> qui continuent à émouvoir même les plus indifférents .<br /> <br /> Belle exposition que tu nous fais partager :<br /> l’Art Déco est un fleuron qui garde une place unique,<br /> son graphisme devient paradoxalement un « classique » !<br /> <br /> Merci, Dominique, tes paréidolies sont des pépites <br /> sans cesse renouvelées 🌹
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A
Merci beaucoup. 🌷🌟✨️⭐️💌🌺💐
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T
C'est moi qui vous remercie de votre passage.<br /> Bonne semaine,<br /> Dominique
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