Beau comme Beauport
En découvrant stupéfaite un reportage sur le Mont Saint Michel, je prie pour que d'autres
lieux saints n'en arrivent pas à ce désastre touristique. L'absence des marchands du
temple pourra peut-être préserver cette merveille qu'est l'abbaye de Beauport.
Fondée en 1202 par des chanoines de l'ordre de Prémontré, ils en assureront le rayonnement
religieux durant 600 ans. Puis l'histoire s'emballe : Révolution française, revente à de
riches familles paimpolaises, elle devient école, mairie, cidrerie... avant de sombrer par
manque d'entretien. Les travaux de restauration débutés en 1992 lui donneront le cachet et
la prestance que l'on peut désormais admirer tout au long de l'année.
A force de fréquenter les abbayes lors de mes pérégrinations, j'ai fini par acquérir
quelques bases du vocabulaire propre à ces lieux : salle capitulaire, sacristie,
parloir, cloître, scriptorium et porterie. De même, je me suis amusée à convertir
horaires et dénominations des messes pour ma vie urbaine, laïque, et désormais oisive,
ce qui n'était pas le cas, loin s'en faut, des hôtes de ces lieux naturellement).
J'ai ainsi constaté que je ne me levais point à "matines" (3 heures du matin,
faut pas exagérer...) mais à "laudes" (6h, c'est bon), qu'à "tierce" je faisais
mon petit ménage avec un premier café, que je déjeunais bien après "sexte" (12h).
A "none" je suis dehors, peu importe l'activité, bien au-delà de l'heure des
"vêpres", et de retour à la maison aux "complies" pour dîner. Je crois vous avoir
dit que j'étais très sensible à la musique des mots, et ceux-ci sont bien jolis.
La pause fraîcheur du ravissant salon de thé "L'herbe folle" fut la bienvenue,
dans le jardin où sont installés chaises longues et guéridons, à moins qu'on ne
préfère l'ombre du préau. Ne pas résister à la glace au blé noir, une merveille.
{l'adorable salon de thé "L'herbe folle" nous accueille pour une pause gourmande, simple et locale}
Après un petit tour dans Paimpol, ses rues pavées ornées de belles maisons médiévales, ses charmantes boutiques dont la brocante d'Isabelle " Passé composé", retour vers les terres chez les sœurs Lamour, qui tiennent avec énergie et talent les rennes d'une ferme-auberge héritée de leurs parents.
{la délicieuse brocante d'Isabelle, à Paimpol}
Le "Char à bancs " est un lieu unique, où chacun peut tenter de retrouver ses vacances d'autrefois chez les grands-parents, folâtrer dans le potager, monter sur un poney, se perdre dans la campagne et même résider dans un de ces gîtes portant tous le prénom d'une aïeule, découvert avec enthousiasme il y a quelques années.
{le Char à Bancs, à Plélo}
Je peux juste regretter qu'avec toutes les nouvelles activités installées depuis sur le domaine, on ne bascule vers un Eurodisney rural. De même, la si délicieuse brocante, véritable fouillis de bols, soupières, cuillers de bois pour marquer le beurre, portraits sévères d'autrefois, outils de jardin cabossés par l'usage, linge brodé, se soit acoquinée avec des objets d'imitation MIC sans grand intérêt. Restent leurs cidres, miels et confitures, dont celle à la rubarbe, qui ont conservé leur goût d'enfance.
{Au Char à Bancs, un air d'autrefois, mais notons que les superbes toilettes tapissées de mosaïque
n'ont rien à voir avec le petit cabanon enfoui au fond du jardin de nos ancêtres, et que j'ai connu
moi aussi toute petite... ce qui ne me rajeunit pas ;-) !
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{et toujours ces babioles que l'on rapporte, comme pour prolonger les moments, et qui parfois, n'ont
un livre, des biscuits frappés de pattes d'hermine...}
Quant à Marou, où qu'il soit, il est toujours très à l'aise...
Et quelques adresses :