Rien
Rien. Tel fut mon programme pour les vacances.
Laminée par le stress du travail et mes peines personnelles,
le bonheur de retrouver la maison de Saint-Jean Cap Ferrat
fut tel que je décidai de n'en pas bouger.
Ou presque.
Ici j'ai tout. Un jardin exubérant, où plumbagos, hibiscus,
lauriers et bougainvillées entremêlent sans se jalouser
leurs couleurs explosives, un figuier très gentil,
la plage toute proche, propre, surveillée, bien équipée
et pas du tout privée, un boulanger en bas de la rue
qui sait ce qu'est un touriste lève-tôt et qui sert
dès potron-minet des chaussons aux pommes à se damner,

des balades à pied dans le Cap
où l'on fait d'étranges rencontres, comme cette vierge monumentale
près de la chapelle Sainte-Hospice surplombant le cimetière
(la petite chose en robe abricot tout en bas, c'est moi)
Un cinéma en plein air sous les oliviers, où l'air doux et tiède
du soir vous enveloppe comme une étole de soie
(programme : La famille Bélier, pas vu, ça tombait bien !)
des lectures choisies pour le mot " été"
Un roman très fitzgeraldien, lent et chic comme un Sagan,
et le fameux "Les quatre saison de l'été" de Grégoire Delacourt
Mais comme dit la chanson, rien, c'est déjà beaucoup...






















