Les petits Paradis : N°1
Il y en a qui vont très loin pour trouver le paradis,
ou l'idée qu'ils s'en font. Je me suis simplement arrêtée
en Normandie pour le découvrir. Il m'a suffit pour cela
de mettre mes pas dans ceux de la mule!
Habituellement fidèle au Calvados, où je vis une histoire
d'amour éternelle entre Honfleur et Villerville, et à l'Eure
où j'ai des amis, je connaissais mal la Seine Maritime.
Quelle plus belle entrée en matière qu'un week-end dans
la ravissante station balnéaire de Veules les Roses ?
Une explosion de fleurs, et pas uniquement des roses, nous accueillit
dès les premiers instants, et la traditionnelle promenade le long
de la Veules, qui donna son nom à la bourgade, et fièrement qualifié
de plus petit fleuve de France avec son 1km100,a déclenché en nous,
au fil des pas, des "ah" et des "oh" d'émerveillement.
Nous avons séjourné à l'hôtel Douce France, idéalement situé
au coeur de la ville. Cet ancien Relais de Poste datant du XVIIe siècle,
a conservé ses admirables colombages, peints d'un beau vert céladon
qui s'avère être ma couleur fétiche du moment.
Les bâtiments s'articulent autour d'une ravissante cour pavée
où l'on peut prendre son petit déjeuner au soleil levant...
... Et s'adonner à la rédaction des traditionnelles cartes
à la famille et aux amis. Les chambres, à la déco un peu passée
et hétéroclite, mais très cosy, portent toutes des noms d'écrivains.
Se réveiller au chant du coq, c'est déjà une belle aventure
pour une passagère de la ligne 13...
Aucune chance que vous vous plaisiez ici si vous n'amez ni les fleurs,
ni les toits de chaume, ni les façades en briquettes, ni l'air iodé
des plages normandes, ni les clins d'oeil à l'enfance avec
le marchand de bouées et d'épuisettes sur le front de mer,
ni les glaces italiennes torsadées vanille-fraise,
ni la couleur indéfinissable du ciel et de la mer qui vous
offrent en toute générosité la plus subtile des aquarelles.
Ici, les Parisiennes, ou toutes autres urbaines frénétiques,
prennent des leçons de lenteur, de quiétude, de simplicité.
Quelques jolies boutiques, quelques salons de thé ponctuent la balade.
Un pas de porte prometteur mais hélas ! Il semble que le dernier bonbon
ait été vendu depuis bien longtemps...
Un dernier petit pique-nique sur la plage de Saint-Aubin battue par les vents,
le temps de déguster un repas de roi : des mini coeurs de Neufchatel
et une bonne baguette croustillante...

Cependant, pour un dîner plus gastro, comme ce fut le cas la veille,
je vous recommande "Les galets",
à la cuisine fine, inventive, locale, et au service parfait.
Nous avons fini par quitter cette jolie carte postale, sans nous douter
qu'un autre paradis s'annonçait sur la route du retour...




























