La neige est sur Paris. Et elle divise. Galère très légitime pour ceux
qui y travaillent et vivent au-delà du périphérique, joie enfantine
pour les autres, démangés par l'envie de modeler un vrai SNOWMAN
digne de Raymond Briggs.
Me promenant dans le parc Montsouris tout près de chez moi, j'entre
à pas feutrés dans l'univers d'un livre de contes russes, guettant
à tout moment l'apparition d'une Baba Yaga derrière une haie de troènes.

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{ Parc Montsouris Paris XIV; Villa Nansouty}

Paris ces jours-là retrouve un silence, enfin, un presque silence,
qui fait tellement de bien. Le bruit n'existe plus. La ville marche 
en socquettes de coton. Voitures et deux-roues roulent au pas,
c'est une vie au ralenti, attentive, prudente. Les piétons dont je suis
broient la neige durcie qui fait un frou-frou de meringue écrasée.
Et puis ce blanc qui reflète la lumière craintive du petit matin ! 
Ce blanc qu'on n'ose pas déranger en posant ses gros bottillons
qui laissent sur le trottoir
des empreintes de Yéti.

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{ mimosa nantais}

 Dans la maison bien chaude, le mimosa recroqueville hélas ses pompons dorés.
Tandis que le soir descend, on se dit qu'on a la chance d'être du bon côté
de l'hiver. Derrière la fenêtre , petite lampe allumée, un déca fumant
dans la tasse, chats en spirales sur le boutis, on lit
le Journal d'un homme heureux, un crayon à la main, en goûtant le bonheur
simple et absolu de ces émotions que l'on aurait aimé décrire soi-même.

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{ Triskell se protège la patte sous le pompon du coussin, on ne sait jamais,
un flocon pourrait s'échapper à l'ouverture d'une fenêtre ! }

En bas de mon immeuble, même le chantier en construction d'une vilenie de plus pour
abîmer le
paysage parisien en devient joli.
Avec un peu d'imagination, un gros
amas non identifié sous sa couche de neige prend des allures de carrot cake.

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{déclaration éphémère : un certain Samy est amoureux...}

Meringue, oeufs en neige, coton, plume d'oie, on ne sait plus où donner
de la métaphore. Il faut dire qu'en janvier, bouillasse, gadoue, saleté,
étaient à peu près les seuls mots qui me venaient à l'esprit.
Alors je me réjouis, en attendant le retour inexorable de ces derniers.